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Le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale
d’Alexandrine Civard-Racinais, paru aux éditions Fayard,
recense de A à Z, comme le doit un dictionnaire, les
cruautés, violences, brutalités et autres
atrocités commises par l’animal humain sur l’animal
non-humain.
Un assortiment peu ragoûtant de ce que nous sommes capables de
« prescrire » à ceux que nous appelons des
"bêtes" et, qu’ à l’instar de Descartes, nous
considérons trop souvent comme des machines à notre
service.
L’animal non-humain — qu’on le mange,
l’exploite ou encore qu’on expérimente sur lui
(à des fins aussi nécessaires que la cosmétique
par exemple) — est à notre merci.
« Pour dire les choses
simplement, non seulement les animaux ne sont pas toujours
considérés comme des êtres sensibles, mais leurs
douleurs et/ou souffrances sont encore trop souvent niées. » Et ce déni, comme le remarque Thierry Auffret Van Der Kemp, a lieu « à
chaque fois que la prise en compte de l’existence même de
la souffrance contrarie nos intérêts. »
Tout comme notre rapport à l’environnement, celui que nous
entretenons avec l’animal non-humain est en
réalité un choix de société.
La question : sommes-nous prêts à tout pour profiter des
animaux, équivaut dans un autre domaine à : sommes-nous
prêts à sacrifier la biodiversité, les
écosystèmes et ainsi notre unique Planète pour un
profit immédiat ?
Gandhi assurait qu’on appréciait une société
à la manière dont elle traitait ses animaux. Visiblement
la nôtre les traite aussi mal qu’elle traite la Nature au
sens large.
Alexandrine Civard-Racinais, dans son Dictionnaire horrifié de la souffrance animale
évite le péril relatif au genre. Ni voyeurisme, ni langue
de bois, ni anthropomorphisme, simplement des faits et des pratiques
qui devraient rendre chacun de nous consternés, pour ne pas dire
honteux.
Personne après une telle lecture ne pourra plus dire « je
ne savais pas ». Peut-être certains regarderont-ils
différemment le morceau de viande de bœuf, de vache, de
veau, de poulets, de foie gras ou encore l’œuf qu’ils
ont dans leur assiette. Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de
faire réfléchir. Acceptons-nous de telles pratiques ? Que
pouvons-nous faire pour ne pas y participer par nos modes de vie et de
consommations ? Avons-nous le droit d’instrumentaliser les
animaux non-humains ?
C’est à dessein que je ne donne pas ici d’exemples d’entrées du Dictionnaire horrifié de la souffrance animale. Chacun pourra se faire sa propre idée. De « A4 » à « Zoophilie » le degré d’horreur qu’on peut ressentir dépend de chacun d’entre nous.
Un grand nombre des ces tortures infligées aux animaux
non-humains est le résultat de l’industrialisation et du
productivisme — les bêtes ne sont plus des êtres
conscients et doués d’une sensibilité, elles sont
des objets, des choses qu’on utilise et jette quand elles ne nous
servent plus. Le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale
est un livre dérangeant parce qu’il dénonce des
faits dont nous sommes responsables par nos choix de
société, de consommation et de comportements.
L’auteur n’évolue pas dans le domaine de la
sensiblerie mais davantage dans celui du lanceur d’alerte. Le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale peut s’avérer d’un effroi salutaire pour tous les animaux — eux et nous.
Dictionnaire horrifié de la souffrance animale, de Alexandrine Civard-Racinais, éd. Fayard
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