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Chronique Novembre 2011












« … l'écologie, transposée dans le champ de l'action politique, c'est exactement le contraire de l'obscurantisme, de la croyance, de la foi. Il s'agit de trouver une harmonie entre l'homme et le reste de la nature, de gérer de façon responsable nos ressources naturelles afin qu'il en reste pour ceux qui suivent, pour ne pas détruire le capital naturel qui nous permet de nous nourrir, de nous soigner, de vivre dignement. »
Wilfrid Séjeau et Erwan Lecœur, dans leur Petit bréviaire écolo, paru aux éditions Les Petits matins, ont eu la bonne idée de tenter de répondre aux dix objections les plus fréquemment opposées aux écologistes, et pour lesquelles ceux-ci peuvent se trouver en manque d'arguments. Il ne s'agit pas de lister l'ensemble des projets écologiques pour les ramener à quelques sentences toutes faites, mais bien d'étayer un discours et d'éclairer l'interlocuteur sevré aux sempiternelles ritournelles qui font de l'écologiste un rétrograde ou encore un fossoyeur de l'économie ou, pire, un utopiste post-soixante-huitards baba-cool ou encore bobo confit dans la nostalgie des cavernes, de la bougie et de la peau de bête. Ce Petit bréviaire écolo est donc à l'usage de toutes celles et tous ceux qui, un jour dans leur vie d'écolo, se sont retrouvés confrontés à l'obligation de s'expliquer sur leurs convictions.

Que reproche-t-on aux écolos ?

1) De faire de la politique, l'écologie ne serait pas politique. L'écologiste devrait se contenter de gambader, et de préférence cul nu, dans un champ de marguerites, façon Petite maison dans la prairie. D'ailleurs, tous les écolos devraient s'appeler, pour les femmes Mary Ingalls, et pour les hommes Charles Ingalls.

2) De faire de la politique. Il faudrait que l'écolo ne soit ni de gauche ni de droite, mais plutôt de nulle part. Ne pas être de droite quand on est écologiste n'est pas bien difficile. Être de gauche et s'allier notamment au Parti Socialiste dans certaines élections est souvent affaire de pragmatisme et de gastronomie (il est nécessaire de bien savoir cuisiner les couleuvres).

3) Un écologiste au pouvoir c'est aussi crédible qu'un poisson en plein désert. Les écolos n'ont pas de programmes autres que le retour à l'âge des cavernes.

4) Pourquoi voter pour un candidat écologiste, puisqu'il ne sera jamais au pouvoir ? Autant voter pour un éco-prédateur, non ?

Et en vrac : 5) L'écologiste est un obscurantiste, contre le progrès. 6) Un utopiste. 7) L'écologie c'est pour les riches. 8) L'écologiste ne s'occupe pas uniquement d'écologie — le vilain. 9) Autant de Verts autant de courant idéologique. 10) L'écologie, quoi qu'on en dise, c'est de la connerie.

Voilà en résumé ce à quoi sont confrontés nombre d'écolos revendiqués tels que les auteurs du Petit bréviaire écolo. Les réponses qu'ils apportent et l'argumentation qu'ils proposent sont pertinentes, éclairants mais aussi teintés d'un humour piquant que l'on retrouve rarement chez...

L'écologie est « un projet global fait de solidarité, de préservation des libertés individuelles, de lutte contre les inégalités et de préservation de la nature. Car se préoccuper de l'état de la planète, c'est d'abord et surtout s'intéresser au sort des humains qui l'habitent. »
À lire absolument quand on est écologiste, mais aussi quand on ne l'est pas. Ce qui permettrait parfois à l'écolo lambda de pouvoir dîner entre « amis » sans avoir à se justifier entre l'apéritif et le pousse-café.


Petit bréviaire écolo, de Wilfrid Séjeau et Erwan Lecœur, éd. Les Petits matins

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Christophe Léon
www.christophe-leon.fr




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