« … l'écologie, transposée dans le champ de l'action
politique, c'est exactement le contraire de l'obscurantisme, de la
croyance, de la foi. Il s'agit de trouver une harmonie entre l'homme et
le reste de la nature, de gérer de façon responsable nos ressources
naturelles afin qu'il en reste pour ceux qui suivent, pour ne pas
détruire le capital naturel qui nous permet de nous nourrir, de nous
soigner, de vivre dignement. » Wilfrid Séjeau et Erwan Lecœur, dans leur Petit bréviaire écolo, paru aux éditions Les Petits matins,
ont eu la bonne idée de tenter de répondre aux dix objections les plus
fréquemment opposées aux écologistes, et pour lesquelles ceux-ci
peuvent se trouver en manque d'arguments. Il ne s'agit pas de lister
l'ensemble des projets écologiques pour les ramener à quelques
sentences toutes faites, mais bien d'étayer un discours et d'éclairer
l'interlocuteur sevré aux sempiternelles ritournelles qui font de
l'écologiste un rétrograde ou encore un fossoyeur de l'économie ou,
pire, un utopiste post-soixante-huitards baba-cool ou encore bobo
confit dans la nostalgie des cavernes, de la bougie et de la peau de
bête. Ce Petit bréviaire écolo est donc à
l'usage de toutes celles et tous ceux qui, un jour dans leur vie
d'écolo, se sont retrouvés confrontés à l'obligation de s'expliquer sur
leurs convictions.
Que reproche-t-on aux écolos ?
1)
De faire de la politique, l'écologie ne serait pas politique.
L'écologiste devrait se contenter de gambader, et de préférence cul nu,
dans un champ de marguerites, façon Petite maison dans la prairie. D'ailleurs, tous les écolos devraient s'appeler, pour les femmes Mary Ingalls, et pour les hommes Charles Ingalls.
2)
De faire de la politique. Il faudrait que l'écolo ne soit ni de gauche
ni de droite, mais plutôt de nulle part. Ne pas être de droite quand on
est écologiste n'est pas bien difficile. Être de gauche et s'allier
notamment au Parti Socialiste dans certaines élections est souvent
affaire de pragmatisme et de gastronomie (il est nécessaire de bien
savoir cuisiner les couleuvres).
3) Un écologiste au pouvoir
c'est aussi crédible qu'un poisson en plein désert. Les écolos n'ont
pas de programmes autres que le retour à l'âge des cavernes.
4)
Pourquoi voter pour un candidat écologiste, puisqu'il ne sera jamais au
pouvoir ? Autant voter pour un éco-prédateur, non ?
Et
en vrac : 5) L'écologiste est un obscurantiste, contre le progrès.
6) Un utopiste. 7) L'écologie c'est pour les riches. 8) L'écologiste ne
s'occupe pas uniquement d'écologie — le vilain. 9) Autant de Verts
autant de courant idéologique. 10) L'écologie, quoi qu'on en dise,
c'est de la connerie.
Voilà en résumé ce à quoi sont confrontés nombre d'écolos revendiqués tels que les auteurs du Petit bréviaire écolo.
Les réponses qu'ils apportent et l'argumentation qu'ils proposent sont
pertinentes, éclairants mais aussi teintés d'un humour piquant que l'on
retrouve rarement chez...
L'écologie est « un
projet global fait de solidarité, de préservation des libertés
individuelles, de lutte contre les inégalités et de préservation de la
nature. Car se préoccuper de l'état de la planète, c'est d'abord et
surtout s'intéresser au sort des humains qui l'habitent. » À
lire absolument quand on est écologiste, mais aussi quand on ne l'est
pas. Ce qui permettrait parfois à l'écolo lambda de pouvoir dîner entre
« amis » sans avoir à se justifier entre l'apéritif et le
pousse-café.
Petit bréviaire écolo, de Wilfrid Séjeau et Erwan Lecœur, éd. Les Petits matins En savoir plus : www.lespetitsmatins.fr
Vous pouvez laisser vos commentaires à cette adresse: commentaires@ecologitheque.com.
Après modérations, ils seront
insérés sous la chronique correspondante.
Le site de Christophe
Léon, animateur de
L'Écologithèque
Proposer
une chronique, une note de lecture ou une recension